Le Canada a annoncé les noms de cinq interconnexions dans le cadre de sa stratégie nationale d’électricité. Ottawa ne parle plus seulement d’énergie propre, de sécurité énergétique, de développement national et de doublement de la capacité du réseau électrique. Le gouvernement fédéral a commencé à déterminer les frontières provinciales par lesquelles les nouvelles infrastructures électriques peuvent passer : Colombie-Britannique-Yukon, Alberta-Colombie-Britannique, Alberta-Saskatchewan, Saskatchewan-Manitoba et Île-du-Prince-Édouard-Nouveau-Brunswick.
Ceci représente un progrès. Les cinq interconnexions nommées sont plus utiles qu’une stratégie nationale ne consistant qu’en espoirs. Cependant, elles ne forment pas encore un réseau national. L’enjeu pertinent n’est pas le nombre de lignes spécifiées dans l’annonce, mais la quantité d’énergie que chaque projet peut transporter, la fréquence attendue du flux d’électricité, la génération qu’il remplacera, la contrainte de fiabilité qu’il résoudra, qui paiera, qui en sera le propriétaire, comment les gouvernements autochtones y participeront et le moment prévu de sa mise en service.
Le Canada a longtemps traité les infrastructures de combustibles fossiles comme une préoccupation économique nationale, tout en laissant l’électricité à l’intérieur des frontières provinciales. Les oléoducs, les corridors ferroviaires, les terminaux d’exportation et les ports ont été discutés comme des actifs de développement national. La transmission, en tant que plateforme de développement industriel, d’exploitation minière, de centres de données, de transport, de chauffage de bâtiments et d’accessibilité des logements, a été traitée comme une question de service public.
L’électrification inverse cette hiérarchie. Le transport d’énergie à longue distance est de plus en plus question de transport d’électrons plutôt que de molécules. C’est la logique derrière l’argument de « nouvelle canalisation HVDC », même si chaque nouvelle interconnexion n’a pas besoin d’utiliser le courant continu à haute tension. Le choix de la technologie dépend de la distance, de la capacité, de la synchronisation du réseau, du terrain et des systèmes connectés. Le point plus important est que les câbles deviennent des infrastructures énergétiques stratégiques.
Le premier chemin de fer transcontinental du Canada a été symboliquement achevé avec un clou d’or. L’équivalent électrique ne sera pas une ligne héroïque de Victoria à St. John’s. Ce sera une série de corridors connectés, de stations de transformation, de technologies d’amélioration du réseau, de stockage et d’accords de marché qui formeront le début de la série d’interconnexions.
Les cinq premières connexions sont importantes parce qu’elles commencent à transformer l’idée de réseau national en une commande de construction. Pour les mêmes raisons, elles ne sont pas également précieuses. La connexion Saskatchewan-Manitoba est probablement la plus stratégique des cinq interconnexions. Le Manitoba a une génération hydroélectrique flexible. La Saskatchewan a un réseau lourd en combustibles fossiles et un potentiel éolien et solaire important. Une connexion plus solide pourrait permettre à l’hydroélectricité de compenser la génération renouvelable variable, de transporter l’énergie propre excédentaire à valeur, et de réduire la quantité de capacité de réserve que chaque province doit maintenir par ses propres moyens. La valeur de l’actif viendra non de l’existence de la ligne de transmission, mais de l’exploitation changeante du système.
Les connexions de l’Alberta répondent à un problème différent. L’Alberta a des charges croissantes, des sources renouvelables solides, un marché électrique compétitif et un réseau dépendant du gaz naturel. Des liens plus solides avec la Colombie-Britannique et la Saskatchewan pourraient élargir les options d’importation et d’exportation propres, améliorer l’équilibrage et réduire l’isolement de la province pendant les périodes tendues. Cependant, ils ne décarboniseront pas automatiquement l’Alberta. Les règles du marché, les investissements dans la génération, les tarifs de transmission et les accords d’exploitation détermineront si la nouvelle capacité remplace la génération fossile ou crée simplement une autre option de trading.
La partie Colombie-Britannique-Yukon est en partie un projet d’énergie et de développement. Les communautés du Nord
Source : CleanTechnica